Réflexions du fauteuil : vous n’êtes pas écœurés de subventionner les plus riches que vous?
20 03 2009
Je ne suis pas économiste, alors je ne vais pas commenter tous les aspects du budget qui a été présenté hier. Il y a un élément qui m’a surpris parce qu’il révèle la lâcheté et la mauvaise gestion de nos gouvernements, c’est celui de l’augmentation des tarifs.
J’ai été interloqué d’apprendre que beaucoup de tarifs qui n’ont aucune incidence sur la justice sociale ou les revenus des citoyens les plus défavorisés n’étaient pas indexés depuis plus d’une décennie. Les finances du Québec n’ont jamais été faciles à équilibrer. Tellement, qu’il manque d’argent partout, dans la santé, l’éducation, le support aux familles, etc. Il n’y a pas un programme qui nage dans l’abondance. Pendant que nous faisions des sacrifices dans les services essentiels pour maintenir le déficit zéro, il y a des tarifs qui n’étaient pas ajustés au coût de la vie. Je comprends qu’il y en ait qui ont une portée sociale qui mérite un débat public pour être augmentés comme les garderies à 7 $, les tarifs d’électricité ou les frais de scolarité. Mais en quoi geler le prix des permis de conduire et de chasse et les certificats de mariage et de décès est-il un enjeu social qui mérite de priver les institutions gouvernementales de revenus dont elles ont besoin pour maintenir et améliorer les services à la population? Les politiciens ont-ils l’épiderme à ce point sensible qu’ils sont prêts à écouter tous les électeurs qui crient au vol dès que le gouvernement augmente le prix d’un service non essentiel?
Même les tarifs de garderies, le dernier tabou, devraient être modulés en fonction du revenu des clients. Il y a actuellement des familles avec un revenu familial de 50,000 $ qui paient 25 à 35 $ par jour dans des garderies privées ou en milieu familial alors que d'autres, beaucoup plus riches, paient 7 $ dans les CPE. Le pire, c’est qu’il est démontré qu’à partir de 100,000 $ de revenu familial, il n’y a presque plus de différence entre payer le gros tarif avec déduction d’impôts et le tarif subventionné. Alors pourquoi ne réservons-nous pas les places subventionnées aux familles qui n'ont pas les moyens de payer plus? Les mesures universelles et les tarifs égaux pour tout le monde ont un sens dans une société qui nage dans l’abondance, mais ce n’est plus le cas au Québec depuis longtemps.
Par contre, c’est différent pour les tarifs d’électricité. Si je crois qu’il faut ajuster la tarification des services aux revenus des citoyens, je pense que les produits doivent être vendus à la valeur du marché pour tout le monde. Tous les citoyens doivent payer le même tarif. Celui qui a une plus grande maison paie nécessairement plus cher que celui qui vit dans un studio.
Je ne veux plus que mes impôts profitent à des plus riches que moi. Je suis bien d’accord pour payer ma juste part de taxes de toutes sortes, mais je veux être assuré qu’elles vont servir à offrir des services à ceux qui en ont le plus besoin au meilleur prix possible. Je ne veux pas subventionner les chasseurs, les futurs mariés et tous ceux qui devraient payer le prix réel des services qu’ils demandent pour leur usage personnel. Dans plusieurs domaines d’activités, avoir une approche d’utilisateur payeur est la meilleure justice sociale.
PS. Ce budget de crise qui fait mentir toutes les promesses libérales de la dernière campagne électorale prouve au grand dam de ses opposants que Jean Charest est quand même un très bon stratège politique doublé d’un excellent menteur. Le mois de novembre était la date ultime pour faire des élections et il a gagné son pari. S’il avait attendu, il est loin d’être certain qu’il aurait fait élire un gouvernement majoritaire. C’est cet exceptionnel talent de politicien qui va le ramener à la tête du parti conservateur après les prochaines élections fédérales qu’Ignatieff devrait remporter avec un autre gouvernement minoritaire. Bon débarras.
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Publié par : jacqueso à 01:16:30Permalien
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